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Les bons remèdes du Docteur Dandy.

Désiré et le trésor de l'alchimiste 1-7

Publié le 22 Février 2016 par Dr Dandy in steampunk, nouvelle, écriture, littérature, Désiré

Désiré et le trésor de l'alchimiste 1-7

Aujourd'hui ce bon vieux Doc vous gâte un nouvelle de son crû. Désiré est une nouvelle écrite suite au Nanowrimo (concours d'écriture sur novembre) qui a mis un peu de temps à accoucher mais qui est bien là et plutôt complète. Le personnage de Désiré pour paraître étrange mais il est inspiré d'une véritable personne, mon parrain mort dans les années 80 et qui avait une gouaille plutôt soutenue. Grand fan de Steampunk, comme vous le savez, j'ai eu cœur à raconter cette histoire dans une Belle Epoque parisienne fantasmée. Vous pourrez profiter d'un chapitre chaque jour de cette semaine. En espérant qu'elle vous plaise. N'hésitez pas à commenter!

A écouter pendant la lecture: un dernier verre - Beirut.

Chapitre 1 - Une nuit Tranquille


Désiré avançait dans la nuit froide au rythme de ses pas battants le pavé parisien. L’atmosphère humide de novembre le faisait frissonner et il se recroquevillait comme il pouvait dans son manteau élimé. Et c'est non sans soulagement qu'il atteignit le troquet à l'angle de la rue des bonnets. Le café n'avait rien de coquet: une grande salle aux murs jaunis par la chaux et des chaises de bois éparpillées çà et là pour recevoir les corps las et avinés des ouvriers du quartier Montmartre. Comme tous les soirs il salua l'assemblée et commanda, un fernet branca. En silence, il dégusta son verre sans se presser. Personne ne l'attendait à son domicile. Son épouse Léontine avait succombé à une forte fièvre cinq printemps plus tôt. Trop tôt. Étrange, les hommes repoussent les limites du progrès chaque jour, mais ils préfèrent construire des engins pour aller sur la lune plutôt que de découvrir comment soigner la tuberculose. Au moins, ces nouvelles technologies lui donnaient l'opportunité de travailler en réparant ces automotives si prisées par le bourgeois. Un jeune freluquet, l'âme mélancolique, se prit à chanter la Strasbourgeoise, bientôt repris par ses compagnons.


- Oh pitié l'ami, fermes ta grande gueule ! C'est rien qu'une chanson qui attise la haine du Germain.
- Allez quoi le Poilu ! T'as fait la guerre, tu sais mieux que nous c'que ces boches nous ont pris.
- Justement imbécile. J'ai fait la guerre et pendant que tu tétais le sein de ta mère je trucidais des hommes au nom de la patrie. Et tu sais ce que j'ai vu dans leurs yeux ? Rien d'autre que la trouille de mourir. Ces types ils étaient comme nous, des pauvres types qu'on envoyait à la mort pour satisfaire les appétits des puissants. Pour nous autres les petites gens, il n'y a pas d'échappatoire, partir suer et saigner pour les huiles. Qu'on soit pêcheur breton, paysan auvergnat ou mineur lorrain, on finissait tous la gueule ouverte dans la boue. Et les Prussiens n'avaient rien à nous envier, le sang et les tripes coulaient pareil.
Le mécano vida son verre d'une traite.
- Ta chanson là. C'est de la bourre pour les faibles d'esprit d'ton espèce. Penser aux doryphores qui nous ont pris l'Alsace et la Lorraine ça nous empêche de penser qu'on trime tout le jour pour l'bourgeois qui s'engraisse sur not' dos.
- Te fâche pas, je voulais détendre l'atmosphère.
- Tu sais ce qui nous détendrait? Une bonne partie de cartes. Patron sers moi une absinthe. La fée verte n'a jamais déçu le pauvre hère qui se morfond sur son
sort.

Deux heures plus tard, Désiré remontait les pentes de la butte Montmartre. Les vapeurs d'alcool lui réchauffaient le cœur et le corps. Tout à coup, il entendit des pas pressés dans la nuit. À peine éclairé par les lampadaires, un jeune homme élégamment vêtu courait pour échapper à quatre gaillards. En se retournant pour voir s'il les distançait, le blanc bec glissa sur le pavé humide et s'affala de tout son long. Sans attendre, ses poursuivants se jetèrent sur lui et l’assénèrent de coups de poings et de pieds. A quelques mètres de là, Désiré assistait attentivement à la scène en grattant son épaisse moustache.
- Allons bon. V'la autre chose...
Sa main glissa doucement vers la poche droite de son long manteau.

A suivre...

Retrouvez Désiré et ses aventures demain, même heure, pour le chapitre 2 "Sauvetage en règle"

ENJOY!

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