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Les bons remèdes du Docteur Dandy.

Le Seigneur de Samarcande

Publié le 14 Mai 2013 par Dr Dandy in conan inspiration livre

Le Seigneur de Samarcande

Ce livre présente les nouvelles « historiques » d’Howard, écrites pour la plupart dans la période « pré-Conan » de l’auteur.

"Ses Grandes mains se refermèrent tels deux marteaux d'acier et ses yeux s'embrasèrent d'une terrible lueur. Tout en lui annonçait ce qui allait suivre... les flammes, le carnage, les poitrines transpercées par des lances et les crânes fracassés à coups d'épée."

Ici nous retrouvons les thèmes historiques du barde de Cross Plains avec de nombreuses histoires contant le choc de l’Occident et de l’Orient ainsi que le crépuscule des civilisations. Ici le cadre récurrent des nouvelles est le Moyen Orient (Jerusalem, le Caire) durant la longue période des croisades (11e – 13e siècle), cadre idéal pour conter des histoires furieuses de combat désespérées et d’intrigues politiques complexes. C’est avec grand plaisir que nous retrouvons ici des personnages hauts en couleurs mêlés bien souvent malgré eux à l’Histoire avec un grand « H ».

Voici d’ailleurs une sélection de mes héros favoris du recueil.

Cormac Fitzgeoffrey.

Prototype du personnage de Conan, Cormac marque les esprits par son physique puissant et son côté brutal. Mais là où Conan se montre mesuré et épicurien, Cormac, lui, ne vit que pour le combat. C’est une brute épaisse qui n’a d’appétit que pour la guerre et le sang. Un individu peu recommandable.

Sonya la Rousse.

Personnage emblématique de l’œuvre d’Howard, les non avertis la confondent souvent avec sa version hyboréenne inventée par Roy Thomas dans la BD Conan des années 70. Loin de son pastiche en chainmail bikini, Sonya est ici une redoutable aventurière, lancée dans une vendetta contre Soliman le Magnifique durant le Siège de Vienne de 1529. Furie rousse aussi adroite au sabre que pocharde quand il s’agit de boire, Sonya est un personnage qu’on n’oublie pas !

Godric de Villehard.

Archétype du chevalier preux et honnête, Godric va se retrouver à protéger une cité d’une invasion Mongole. Face à Gengis Khan et sa horde, pris dans une gorge où ils n’a comme unique alternative que de vendre chèrement sa vie, l’homme va se révéler un chef de guerre furieux et sauvage.

Kosru Malik.

Personnage sympathique et rare héros oriental (surtout pour un américain des années 30 !), Kosru est un Seljuk (un cavalier turc) qui décide d’aider un ami franc pour libérer la belle. Si le chevalier est le vrai héros de l’histoire il est bien pale par rapport à ce guerrier rusé et bonimenteur qu’est Kosru.

Giles Hobson

Un anti-héros qui est la bonne surprise de l’ouvrage. Ici pas de guerrier farouche et puissant mais un gros ivrogne lâche et concupiscent. Ce dernier va se retrouver, bien malgré lui, responsable du sort de tout un pays et va participer à l’une des plus grandes batailles de l’ère des croisades. Une belle poilade!

Fidèle à son style inimitable, REH nous offre des récits trépidants pleins de scènes évocatrices, de d’action violente et de personnages vides de tout manichéisme. Nous avons droit ici à une vraie plongée dans les tréfonds de l’âme humaine et dans la violence quotidienne de ces époques troublées.

Ces récits sont aussi très importants car ils préfigurent l’ère « Hyboréenne » de l’œuvre de Howard. En effet, lassé de passer tant d’heures à se documenter sur le contexte historique pour quelques pages d’écritures, Howard créa l’ère imaginaire d’Hyborée afin d’intégrer toute ses envies dans un même univers. Ainsi la conquête de l’ouest, la chute de l’empire romain ou les croisades se retrouvent dans les aventures de Conan. Pour les croisades c’est particulièrement frappant dans le « Colosse Noir » ou « Naitra une sorcière » dont les royaumes sont calqués sur les Royaumes d’Outremer du 11e siècle.

Cependant il faut que j’avoue quelque chose. Lire du Howard est exaltant mais lassant. C’est un peu comme se faire un marathon Die Hard. Au bout d’un moment on sature. Je recommande donc de lire les nouvelles en les espaçant. Seuls les plus acharnés du style arriveront à tout lire d’une traite. Le Seigneur de Samarcande est un livre qui se déguste.

Ajoutons que les illustrations de Stéphane Collignon sont magnifiques et rendent bien l’esprit des pulps de l’époque.

Cerise sur le gâteau, l’éditeur/traducteur nous gâte avec des originaux de textes non achevés pour prolonger le plaisir de la lecture.

Le coin des rolistes :

Des personnages hauts en couleurs, de l’action débridée, des intrigues politiques complexes et des rebondissements à gogo ! Difficile de passer à côté.

La première idée serait de reprendre les histoires pour des parties de Miles Christi en mode « Action ! » mais il est aisé de transposer ces histoires dans d’autres contextes. D’ailleurs Roy Thomas, auteur de la BD « Conan » ne s’en ai pas privé en récupérant certains textes pour en faire des aventures de Conan comme ce fut le cas avec « Des Faucons sur l’Egypte ». Sinon remplacer les hordes mongoles des « Cavaliers de la tempête » et vous aurez un magnifique scénario pour du médiéval fantastique.

ENJOY !

Si ma critique ne vous a pas convaincu, allez donc faire un tour sur SCIFI-Universe et lisez leur critique dithyrambique.

-Kosru Malik, dit Eric en suivant mes conseils, tu es un ami sur lequel on peut compter et un puissant combattant, mais as-tu déjà été amoureux?
- Un millier de fois, répondis-je. J'ai été fidèle à la moitié des femmes de Samarcande. En selle, au nom d'Allah, et partons!

R.E. HOWARD

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