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Les bons remèdes du Docteur Dandy.

Désiré et le trésor de l'alchimiste 3-7

Publié le 24 Février 2016 par Dr Dandy in Désiré, littérature, nouvelle, steampunk

Désiré et le trésor de l'alchimiste 3-7

Chapitre 3 où Désiré et son jeune compagnon parte à la rescousse du professeur et de sa fille.

Vous avez manqué le début? C'est par ici.

Une petite musique pour vous accompagner: Sherlock Holmes "It's so over, it's covert".

Intrusion nocturne

Les deux compères arrivèrent à l'entrée du 54, rue du faubourg Saint Honoré. Une petite maison cossue sur deux étages disposant deux colonnes typiques depuis que le baron Haussmann avait redessiné la capitale. Tout était calme et rien ne semblait troubler cette nuit froide et tranquille. La grande façade ne témoignait, sur l’instant, d'aucune activité humaine, ce qui tombait sous le sens au vu de l'heure avancée, près de 3 heures du matin. Émilien, montrant le chemin à son compère d'aventure, s'avança devant la lourde porte en chêne.

-Il n'y a aucun bruit, peut-être me suis-je alarmé pour rien ?

Désiré le rejoignit sur le porche.
- Même si le professeur dort à poings fermés je pense que vot' mésaventure de ce soir justifiera que nous l'arrachions des bras de Morphée. Ah ! La porte est ouverte.

Émilien étouffa un cri d'angoisse.
- Oh mon dieu ! ILS sont déjà dans la maison !
- Chut ! Restons discrets, voyons si nous pouvons les surp
rendre.

Ils avancèrent à pattes de velours dans la maison. Le hall ouvrait sur le grand salon puis la salle à manger. La décoration intérieure témoignait du caractère introspectif et brouillon du propriétaire des lieux: meubles robustes, mais fonctionnels, décoration minimaliste à mille lieues du style rococo en vogue et surtout abondance d'ouvrages, d'antiquités incongrues et autres offrandes sur l'autel de la curiosité intellectuelle. L'étage était totalement plongé dans l'obscurité et empli d'un calme olympien. Désiré prit l'escalier en colimaçon qui montait à l'étage en intimant à son compagnon de rester silencieux.
Arrivés en haut, ils scrutèrent les alentours. Rien. Émilien souffla dans les oreilles de son ange gardien en désignant la première porte du couloir.


- C'est la bibliothèque du professeur, s'il a des affaires importantes c'est certainement ici qu'il les a caché.
- Alors, allons voir... La porte est fermée à clé. Étrange...
-
Comment faire?
Désiré ressortit un canif de sa poche intérieure.


- C'est l'affaire d'une minute ou deux, rien de bien compliqué.
Il s'agenouilla devant la serrure pour y plonger sa lame et pousser le mécanisme. Ses doigts experts eurent raison de la porte sans difficulté.
Le vieil homme intima le silence à son équipier et murmura.


- Je passe devant, on ne sait jamais.
Il passa sa tête en ouvrant délicatement la porte. La pièce était dans la pénombre et il ne voyait pas grand-chose. Seule se dessinait l'impressionnante bibliothèque qui prenait toute la longueur du mur de gauche. Quelques fauteuils apparaissaient démontrant que le confort n'était pas oublié dans ce temple de la connaissance. Désiré avança prudemment.
Émilien, le cœur serré, regardait cet homme qu'il connaissait à peine entré par effraction dans l'antre de son mentor. Il se demandait s'il ne faisait pas une erreur. Emmener cet inconnu dans la demeure du professeur n'était sans doute pas judicieux. Et s'il s'était trompé ? Si le professeur dormait paisiblement dans la chambre du fond ? Si ce n'était qu'un malentendu et qu'il avait omis de fermer la porte d'entrée ? Pire! Si Fiona se réveillait avec le bruit et découvrait qu'il avait pénétré tel un vulgaire cambrioleur chez eux. Cette pensée l'horrifia et il s'apprêtait à faire sortir Désiré quand un bruit sourd mit fin à ses angoisses. S'avançant dans la bibliothèque il découvrit son compagnon à terre. Devant lui, une jeune fille brune en robe de crinoline blanche tenait un énorme vase en bronze dans les mains.


- N'approchez pas! Si vous ne voulez pas que... Émilien!?!
- Ah Fiona vous êtes saine et sauve ! J'avais si
peur...
Sans attendre, la jeune fille se jeta dans les bras de son "sauveur". Ce dernier resta paralysé visiblement surpris de cette proximité. Confus, il mit un certain temps à refermer ses bras sur elle. Ils restèrent un moment enlacés avant que Fiona réagisse spontanément et se dégage.


- Ils ont emmené Père !
- Que s'est-il passé ? Vous n'avez rien ?
- Ils m'ont simplement enfermé ici en emmenant mon père. Mais qui sont ces gens !?
- Je pense que cela a un lien avec les travaux du professeur. J'ai surpris des hommes fouillant son bureau à l’université. Sans l'aide de Désiré, je pense qu'ils m'auraient battu à mort.
- Désiré?
- Oui
le... oh mon dieu! Vous l'avez tué !?
Émilien se pencha vers son compagnon toujours immobile au sol.


- Il respire. Il est inconscient. Je vous en prie, aidez-moi à le mettre dans un fauteuil.
Prenant Désiré par les bras, ils le posèrent dans un cabriolet de cuir brun et tapotèrent son visage.


- Cet homme m'a sauvé la vie alors que j'avais suivi les intrus dans le bureau de votre père. Ils m'ont aperçu et m'ont poursuivi jusqu'à Montmartre. Sans la présence d'esprit de ce brave homme, je baignerais dans mon sang dans quelque ruelle sombre.
- Mais que veulent-ils ? J'ai entendu Père se disputer avec leur chef quand...
-laissez-moi deviner. Petit, maigre, les cheveux noirs comme le jais et dégarnis ?
- C'est cela, tout à fait. Vous le connaissez ?
- Un peu trop, oui. Il s'agit de Charles Henri Dumont, un riche industriel qui proposa à votre père de financer ses recherches, mais en échange de l'exclusivité sur ses découvertes. Devant son refus il s'est montré vindicatif et menaçant, j'ai tout de suite pensé à lui quand j'ai aperçu ces hommes à la Sorbonne.
- Oui ils ont pénétré dans notre domicile et ont emmenés mon père contre son gré. En essayant de m'interposer ils m'ont attaché et m'ont enfermé ici. J'ai réussi à me libérer, mais impossible de sortir jusqu'à votre arrivée. J'ai cru qu'ils étaient venus pour moi alors j'ai pris ce vase pour me défendre.
- Je comprends. Je pense que tout ceci a à voir avec les écrits magiques de Cornelius l'alchimiste. Dumont doit être en quête de ses secrets.
- Hu... De la magie?! C'est pour ça que vous portez un haut de forme et une gr
ande cape ? Vous voulez devenir magicien ?
C'était Désiré qui émergeait de l'inconscience en se frottant la tête. Fiona s'éclaffa en regardant l'air ahuri du jeune étudiant.


- Un haut de forme et une grande... Mais non! Je travaille avec le professeur sur la littérature ésotérique du moyen âge. Nous étudions des écrits magiques d'alchimistes du 12ème et 13e siècle. Monsieur Dumont était particulièrement intéressé par les travaux d'Acheus de Payn, un érudit ayant vécu dans le sud-ouest. C'était le fils d'Hugues, premier maître de l’ordre des Templiers qui aurait ramené des secrets mystiques après son retour des croisades.
Désiré marmonnait dans sa moustache.


- Encore un de ces illuminés en quête de machins de sorciers. Les bourgeois s'ennuient alors ils rêvent de la pierre philosophale.
- Hum en l'occurrence le sujet évoqué dans les écrits d'Acheus concerne plutôt des parchemins datant des anciens égyptiens et de secret d'immortalité.
- Voyez-vous ça ! La vie éternelle! Et bien, ça ne m’étonne pas qu'il soit prêt à tout.
Fiona s'avança pour parler.
- Mais que viens faire Père là dedans ? Ce n'est qu'un professeur d'université, il étudie des ouvrages. I
l ne sait rien de tout cela.
Émilien se passa la main sur le front.


- À moins que... mais oui! Acheus avait élu domicile dans le château d'Arjas en Aveyron! Certains témoignages postérieurs émettent l’hypothèse selon laquelle il aurait conservé avec lui des écrits importants. Son tombeau est installé dans la crypte du château. Peut-être a-t’il emporté jusque dans la tombe ses secrets ?
- Vous pensez qu'ils ont emmené Père là-bas ?
- C'est fort possible ! Il faut prévenir les autorités.
- Vot' professeur sera peut-être mort avant que la maison Poulaga ne réagisse. Pensez-vous ! Un secret magique ! Des templiers. Ah ça ils vont courir à la rescousse.
- Mais comment faire ? C'est à des heures de route et ils sont partis depuis longtemps déjà. Nous ne
les rattraperons jamais.
Émilien s'affala dans un cabriolet, désemparé.


- Nous sommes impuissants.
Le vieil ouvrier se releva et s'étira avant de remettre sa casquette.


-Ça, c'est moins sûr, mon garçon. J'ai peut-être une solution.

Demain, même endroit, même heure découvrez comment le brave mécanicien va résoudre la question du sauvetage du professeur.

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