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Les bons remèdes du Docteur Dandy.

Les leçons de style: n1 Cyrille

Publié le 31 Août 2015 par Dr Dandy in théorie, jeux de roles, style

Non ce n'est pas Cyrille ^^
Non ce n'est pas Cyrille ^^

Cet article ouvre le bal pour une nouvelle série consacrée à vous, les rolistes anonymes. J'ai déjà parlé de mon style mais comme notre pratique est diverse et variée j'ai voulu laisser la parole à d'autre que moi.

Voici donc Cyrille. Certains le connaissent déjà vu que c'était le roliste 2.0 de l'année pour avoir fondé le groupe "Discussions de rolistes" sur Facebook. Sorte d'antidandy, Cyrille est de la vieille école. Mais comme une veste en tweed ou un pantalon en velours, le style de Cyrille n'est pas ringard ou passéiste. Il est indémodable.

Doc Dandy: Alors on commence: Salut Cyrille, parles moi un peu de toi, de ton identité secrète, de comment tu es venu au jdr?

Cyrille: bonjour, Moi j'ai 39 ans et je vis actuellement au Mans. Je suis roliste depuis l'âge de 13 ans (allez-y calculez). Mon pote Philippe m'a un jour invité chez lui pour faire une partie Berlin XVIII en solo. Il faut dire que je baignais déjà dans ce style de divertissement en dévorant les livres dont vous êtes le héros. Et déjà à l'époque, quelques choses manquaient à ce type de jeux. Un petit je ne sais quoi qui permettrait une certaine liberté et des nuances dans la simulation d'aventure. Je l'avais sur le bout de la langue… Philippe m'a aidé à bricoler mon personnage. Et déjà je sentais que je franchissais un pas. Puis nous avons joué. Enfin, ce n'est pas une partie fantastique mais je m'en souviens très bien. Mon PJ a fini éclaté à la balle explosive contre un mur. Reroll en perspective donc. Cette mauvaise expérience aurait dû me bloquer mais non. J'ai approfondis le sujet. Je me suis débrouillé pour constituer une équipe de joueurs et j'ai acquis Marvel super-héros, Berlin XVIII et Stormbringer. Et j'oubliais bien sur Star Wars. Et depuis je joue et j'ai largement évolué dans mon "style" goutant à toutes les saveurs des Jdr.

Doc: Un vieux roliste donc! Et donc le virus ne t'a pas quitté. Et maintenant, tu joues beaucoup? A quoi? Meneur / joueur?

Cyrille: Le virus ne m'a jamais quitté. Il n'y a pas eu de pose dans mon envie. Mais des déménagements m'ont forcé à reconstituer des tablées partout. D'ailleurs, à l'origine, Discussions de Rolistes se voulait un outil qui me permettrait de voir des conversations avec des joueurs à moi qui ne se connaissent pas. Mais passons.... Je souhaite toujours être joueur mais je souhaite maintenant avoir de la qualité. Mon expérience me pousse à fuir les tables animées par des jeunots surexcités par leurs hormones. Et je masterise énormément. Je suis sans arrêt en train de créer des bidules, des settings, des scénarii pour mes chers petits joueurs. Je les aime mes joueurs et je chéris leurs persos... pourtant, qu'est-ce qu'ils prennent.

Mes jeux que je masterises:

Ce week-end j'ai masterisé mon premier brigade chimérique. Une ambiance année 30 sous fond de montée du fascisme. Agréable et pourtant, je n'ai pas totalement accroché. Cependant, si mes joueurs en ont envie je suis prêt à leur en refaire.

Habituellement, je masterise des jeux de ma conception. Après des années à avoir masterisé ceux des autres, je fais profiter de mes propres œuvres. En ce moment, deux jeux m'occupent:

1-Saint Seiya. Un jeu sur les chevaliers du zodiaque que j'ai créé vers mes 16 ans. Et il a évolué jusqu'à une "troisième édition". Le monde a été revu par mes soins et largement enrichi. Ce jeu est lié à moi. À chaque fois que j'essaie d'arrêter on m'en redemande.

2-un Med-fan de ma conception. J’y essaie les règles de DD4 et pathfinder... pour voir... je manque de confiance sur ma faculté à créer un système bien fait.

À la brigade chimérique: les Pjs sont déjà ultra balèze. Un PJ qui prend une mauvaise décision peut casser la ville, le pays voire le monde. Du coup, le MJ doit marcher sur des œufs. Les Pnjs se font moins provoquants par exemple. Une colère de joueur et vlan, le temps s'arrête, la planète ne tourne plus etc... Donc, il est difficile de prévoir une chronique en concevant des intrigues entremêlées quand tout peut se casser à tout moment.

Doc: C'est important pour toi d'être amené par l'univers? Je crois que tu fais partie des amateurs de gros bouquins avec plein de background. De façon plus générale comment tu choisis un jeu?

Cyrille: L'idéal et je sais que je le cite souvent c'est "Premiers Ages" un jeu Med fan. Le monde est très riche mais il peut se résumer. Les joueurs peuvent en avoir un aperçu en 1/4 d'heure sans pour autant perdre le fil de présentation (contrairement à Faerun). Rajoute des petites situations bellicogènes ou aventurogènes un peu partout mais résumées à en un paragraphe maximum. Toi, MJ, tu brodes derrière pour y ajouter ta patte et l'univers personnel des Pjs. Ils s'y sentent à l'aise et ils ressentent moins le côté "t'es dans une auberge et engagée pour...». Les joueurs expérimentés ont tendances à attendre que leur personnage soit véritablement concerné pour partir à l'aventure. Une agression en ville n'attirera pas forcément l'attention du voleur. Il y verra un descriptif d'ambiance. Et vlan ton intro est foutue... Mais toi MJ, tu ne peux pas placer une bombe dans leur salle de bain ni kidnapper leur grand-mère à chaque scénario. Du coup, des univers riches en situations potentiellement dégénérentes mais suffisamment souples pour y amener les joueurs est parfait comme "matériel de jeu" pour un Jdr. Je citerai aussi dans ce cas-là un jeu comme les secrets de la septième mer.

Doc: Est-ce que ce n'est pas un peu difficile de les amener dans des univers très riches? 7th sea c'est quand même archétypal, un peu comme Star Wars. Même si tu ne maitrises pas toutes les clés de l'univers tu connais l'esprit.

Cyrille: Riche ne veut pas dire un jeu dont l'univers nous est inconnu. 7th sea est l’Europe de la renaissance. Premiers Age est un Med-fan. Les gens s'y reconnaissent facilement. Il y a des repaires connus de tous. Quand j'étais jeune, on initiait les joueurs avec star Wars D6: tout le monde avait vu les 3 films et le système était rapidement avalé. Ca jouait très vite. Riche veut plutôt dire: avec pas mal d'anecdotes, de points particuliers qui donnent une saveur particulière à un plat qu'on connait. C'est comme manger des pates avec un condiment peu commun. Les pates on connait.

Doc: Et du coup les systèmes de jeu, les mécaniques tout ça. Ça t'intéresse ou tu t'appuies avant tout sur l'univers?

Cyrille: C'est l'Univers qui prime. Mais un bon système ne gâche rien. Je prends un exemple: Scales, jeu des années 90. Un Univers véritablement bien ficelé, l'ancêtre du principe de storyline dans le Jdr. Un jeu à clans avec des variantes sympas. Il aurait dû selon moi être le WoD français. Mais le système était tout sauf ludique. Très libre et bien souvent vague (il aurait fait le bonheur des narrativistes s'il sortait maintenant. tu devrais t'y intéresser). Pourtant, je l'ai mené en campagne dans mon club de Jdr de l'époque (le gobelin fanatique) pendant environ un an. L'Univers me plaisait, donc le système était secondaire. Si quand je lis un livre, je trouve à chaque page une idée de scénario à faire, le jeu a gagné. Mais bon, un système agréable est quand même un plus. Le Jdr est un équilibre entre tous ses constituants.

Doc: Tu as un système fétiche qui te permet de hacker tout et n'importe quoi ou tu es plutôt "by the book"?

Cyrille: Quand je crée j'ai mes habitudes: le système D6, le système roll&keep et chaosium ont mes préférences. En jouant avec des jeux plus récents j'ai vu d'autres mécaniques de jeux tout aussi intéressantes. Je différencie les systèmes en deux méthodes: le "vers le haut" et le "vers le bas". Vers le haut: tu additionnes des stat, tu lance un dé et tu dois atteindre une valeur limite pour réussir (comme D&D). Une variante existe: un certain nombre de succès à atteindre. Cette fois les statistiques représentent le nombre de dés à lancer. Vers le bas: tu lance un dé et doit faire sous ta caractéristique. Il est finalement assez rare d'échapper à l'un de ces deux principes. En général, je suis plutôt by the book au début "pour voir". Et ensuite je customise le système du jeu. A L5R, je l'ai fait coller d'avantage à l'ambiance du jeu que je voulais rendre par exemple.

Donc moi je prépare longuement et tout le temps. En fait, j'ai toujours plus ou moins des bidules à faire sur le feu. Je ne regarde jamais une série ou un film sur mon PC sans avoir un bouquin, un tas de notes et tout ça. En général, je prends du temps et je cherche ou j'attends les bonnes idées. Par la patience on finit par avoir des histoires riches et bien faites (enfin il m'arrive de me planter aussi).

Le truc est d'avoir de la matière dans le scénario sans pour autant l'imposer aux joueurs. S'ils veulent aller voir un truc que je n'ai pas prévu, j'improvise et tant pis si je jette deux pages de notes scénaristiques. En revanche, je prends en compte qu'il arrive que mes joueurs ne soient inspirés (genre le vendredi soir après une semaine de taf) et du coup, j'enrichis l'histoire avec péripéties et accroches.

Le truc est d'avoir les persos sous les yeux, le passé du jeu (les scénarii passés) et d'envisager la suite, les possibilités. J'ai une méthode en cas de panne (j'en ai fait un article pour les chroniques d'Altaride). Je spécifie le scénario (en plus d'inventer ce genre de néologismes). Je vais imposer une contrainte, parfois au hasard. Comme par exemple: dans mon histoire y aura des wookies, dans mon histoire, des rappeurs foutront le bordel. Dans mon histoire, le duc est en colère... et ensuite je pose les questions du pourquoi, du comment et je rattache déjà ça à l'environnement des Pjs. Ça donne une structure de base. Puis, je cherche l'inspiration sur ce que j'ai déjà. Et j'y prends le temps. À la fin, bien souvent, cette pré-structure aura disparu pour laisser place à une histoire qui y ressemble mais finalement qui est très différente. Quand je dis histoire, je n'impose pas une ligne directrice à mes Pjs. Je leur impose des situations et je les laisse voir. En revanche, je cherche toujours la solution à leurs problèmes. Si un joueur me dit après s'être planté "mais qu'est-ce qu'on aurait pu faire?" j'ai des arguments de réponse.

Doc: Et quand ça ne veut pas? Quand c'est mou? Tu as des astuces aussi ou c'est au feeling? D'ailleurs tes histoires c'est plutôt quel genre? Aventure décomplexée, intrigues retorses ou enquête linéaire?

Cyrille: Quand ça ne veut pas? Je prends mon temps, ça voudra demain. Des fois rien qu'en feuilletant une extension, un simple bestiaire, les scénarii précédents, ça vient. Mes histoires, j'essaie de surprendre. J’ai fait des simples PMT pour ensuite enchainé le scénario suivant sur une enquête sans combat (à Pathfinder ça les a surpris). J'essaie de garder des intrigues en toile de fond qui évoluent de scénar en scénar. Et des fois les Pjs y vont pour s'en mêler ou des fois ils en restent loin, craintifs des conséquences. À noter: je préfère les campagnes et les chroniques. Les one-shot ne me permettent pas de m'étendre assez longuement. Un PJ nait et évolue longuement. A la fin même, il meurt. Et sa vie sera une belle histoire.

Doc: Plus c'est long plus c'est bon? Ça dure combien de temps une séance avec toi? Et combien de séance pour arriver au bout de la campagne?

Cyrille: Un scénario je dirai 5 à 6 heures (mais avec des pauses pour que je fume).

Une chronique est infinie dans sa continuité. On peut la mettre sur pause et la reprendre un an plus tard. Une mini-campagne est de 3 à 4 scénarii. Une campagne standard est de 5 à 7 scénarii. Une MMC (Maxi Méga Campagne) est plusieurs chapitres dont chacun est une campagne ou une mini campagne.

Plus c'est long plus c'est bon. Oui on peut le dire. J’aime voir les Pjs s'épanouir. J’aime voir les joueurs faire évoluer la façon de jouer leur personnage. Ils vont écrire la grande sage de leur personnage et impacter l'Univers en question. Oui oui. J’ai ce gout de la longueur.

Doc: Et avec tes joueurs? J'ai vu pas mal de post où tu donnais l'impression qu'ils étaient un peu pénibles. C'est toi qui dois les protéger d'eux-mêmes? Ce sont des sales gosses?

Cyrille: Il y a plusieurs tables:

-la table que je n'ai pas choisis. Je joue avec des potes mais eux imposent d'autres joueurs brouillons. Parfois je masterise pour eux. Mais c'est rare. Là je supporte les funners, les sentorettes et ceux qui foutent le Bronx.

-mes tables avec des joueurs que je sélectionne. Là ils sont libres je ne les protège que du manque de bol aux dés quand il me parait excessif.

Je pourrais développer par un: avant je jouais dans un club avec de très bons joueurs et qui avait pour coutume de dire "quand t'es là tu joues, on ne refuse personne". Donc j'avais cette mentalité quand j'ai déménagé. Et du coup, j'ai accepté de véritables chieurs à ma table qui ont foutu la m... Du coup, je me suis remis à sélectionner pour que les tables se passent bien.

Doc : Moi les chieurs je les jette par la fenêtre. On gagne du temps. Et tu as des outils de maîtrise bien à toi?

Cyrille : La bande son. Quand je lis un livre de Jdr je pense en même temps à quel type de bande son il me faut pour la musique d'ambiance. Que serait une partie de Star Wars si John Williams ne donnait pas la mesure à un orchestre symphonique par derrière?

Sinon, j'ai parfois recours à la scène seule ou je fais sortir les autres joueurs. Le roleplay y est meilleur et j'ai remarqué que des joueurs peu assurés ou ayant des tendances de sentorettes y trouvent parfois l'inspiration pour jouer plus sérieusement sa partie. C'est un peu comme responsabiliser le joueur. On lui donne une scène (et des fois des infos ou des secrets) qui n'ait rien qu'à lui.

Doc: Ça ne casse pas le rythme pour les autres?

Cyrille: Cela arrive. Amis eux aussi savent profiter de cet instant. Il leur arrive même de le réclamer d'eux même. Après il faut aussi s'organiser. Une console de jeu ou internet dans la pièce où ils attendent et hop ça cause, et puis voilà. Et parfois même, ça continue à faire des scènes de roleplay pendant ce moment. Tient une anecdote... Je masterisais un L5R à mon ancien club. J'avais à peine expliqué à mes joueurs qu'ils partaient en voyage pour les terres gaijins que je filais fumer une clope. Quand je suis revenu ils étaient en pleine scène de roleplay. J'ai fermé ma bouche et j'ai attendu qu'ils finissent. Pourtant, il n'y avait pas vraiment de "matière à débattre" ils ignoraient la suite. Moi ces joueurs là je les adore.

Doc: Quand tu mets la musique, c'est l'ordinateur? T'as des Goodies techno ou t'es plus old school?

Cyrille : L’ordi avec mon vieux Winamp, un fichier qui sélectionne les musiques déjà préparé. Je lance et voilà. Parfois je regrette de ne pas mettre la bonne musique au bon moment mais j'accepte cette imperfection. Je ne voudrais pas casser le rythme en cherchant sans arrêt le bon morceau.

Doc: Je sais que tu n'aimes pas le matos. Les pions, les cartes "à la con". J'imagine qu'une battlemap non plus?

Cyrille : Si j'aime bien mais ce matos est secondaire. Cela dit depuis que je me suis mis à pathfinder, j'ai démarré tout ce qui est battlemap. Mais sinon, un tableau ou un dessin pour clarifier une situation. Le tableau sert des fois aussi à écrire les noms pour les joueurs qui ne veulent pas prendre de notes.

Doc : Il n'y a pas longtemps a eu lieu le colloque sur les quarante ans du JDR. Du coup de pose la question de l'avenir. Tu le vois comment le futur du JDR? Sombre? Populaire? Confidentiel?

Cyrille : Je le vois comme un sinusoïdal périodique qui subira régulièrement les coups durs venant des innovations du monde ludique (comme Magic ou les MMORPG par le passé). Mais il y a aura encore longtemps des gens qui viendront s'y intéresser et le faire vivre. C'est un loisir pour les rêveurs, c'est un loisir pas cher, et à la portée de tous.

Doc: Et sinon c'est quoi ton truc de MJ Ninja pour réussir une soirée JDR?

Cyrille: Un environnement adéquat (sans un parent ou une femme qui vient couper la parole à la table pour dire que le chien semble fatigué). Ben ça compte... Et puis le fait de connaitre les joueurs est un plus. On finit par savoir ce qu'ils vont kiffer.

Doc : Allez une dernière question pour te faire plaisir: parles moi de ton personnage?

Cyrille: Celui que je joue sur Discussions de Rolistes? Tu le connais déjà. Plus sérieusement, je joue souvent des Pjs de style chaotique bon à la robin des bois. En général, mes personnages ne sont jamais optimisés. Ce sont des touches à tout qui ont des lacunes dans leurs spécialités. Certains MJs ne comprennent pas ça. Ca les surprend. D'autres s'en accommodent.

Doc : Genre le barde sympa?

Cyrille: En effet, j'ai mon barde à pathfinder (l'archétype barde halfeling) dont le but dans sa vie était de se faire des amis, des vrais. Et bien ce n’est pas facile. Bon il en a fait des conneries aussi.

Doc: Moi mon trip à moi c'est les gnomes. Je te comprends tout à fait...

Cyrille : Je rajoute une chose: un bon MJ (c'est à dire MOaaa! Ha ha ha!) connait ses joueurs. Mais aussi il connait ses PJs. Un truc ninja MJ est de mieux connaitre le PJ que le joueur qui le joue. Cela aide considérablement à l'impliquer dans l'histoire. Des fois on se trompe. On croyait le perso tel que et finalement il est autrement dans l'interprétation du joueur. Mais une bonne discussion permet de faire comprendre au MJ comment le joueur "voit" son PJ.

Doc: huuuummm. Merci Cyrille.

Et n'oubliez pas! L'important c'est d'avoir du style!

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